Actualité rentrée Septembre 2005
Edito Novembre 2005 : Emeutes en France… Que se passe-t-il ?
Avant
de vous plonger dans la lecture de cet édito, je vous propose de
visionner le 2ème clip officiel de la campagne des
Sociopros aux Européennes 2004 (diffusé sur France2, France 3,
etc.). La phrase de Karim, co-fondateur du PSP en 2004 donne la clé
du problème en une seule phrase … A bon entendeur salut !
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le clip en windows media Voir le clip en real video |
Octobre
2005, quelques semaines avant les émeutes dans les banlieues, je me
rends avec ma femme, au Mirail pour aller remonter le moral d’une
amie d’origine Marocaine en dépression. Je me gare, nous croisons
une dizaine de jeunes hommes assis sur des voitures qui interrompent
leurs discussions et nous regardent avec un regard assassin. Je
lance un « bonjour » et pour répondre à leur
confrontation, tout en restant neutre, je les interroge sur la façon
de trouver notre amie, dans ce dédalle de corridors et de couloirs
coupes gorges, en affichant un sourire simple et discret. Ils me répondent
sans faire preuve d’agressivité, restant cependant fermés et
sombres. On passe à côté d’une voiture qui n’a plus de
jantes. C’est sympa, on peut récupérer les pièces directement
sur les voitures ici, elles doivent être là pour ça. Je passe à
côté des boîtes aux lettres. Beaucoup d’entre elles ne sont pas
encore défoncées. Sans faire un relevé précis, je constate,
comme à chaque visite au Mirail, les consonances étrangères de la
majorité des noms sur les boîtes aux lettres. En passant la porte
de l’entrée, je suis agressé par une forte odeur d’ammoniaque.
Non, je ne suis pas dans des toilettes publiques. Au Mirail, les
entrées d’immeubles sont là pour ça. L’ascenseur arrive, il
est maculé de tâches douteuses et je réalise que l’odeur de
l’entrée était finalement juste une entrée en matière. Pour
monter c’est pas compliqué, il y a deux boutons : le
« 5 » et « 9 ». C’est normal, il y a douze
étages, donc c’est pas si mal, deux arrêts pour l’ascenseur,
c’est mieux que monter par l’escalier et descendre par la fenêtre...
Après, il y a les couloirs, les embranchements … en extérieur
bien sûr, on est à Toulouse, il fait chaud, c’est pas gênant
l’hiver quant l’air à cinq degrés souffle dans ces couloirs de
80 mètres qui donnent sur le vide. Ensuite, il faut trouver le bon
code et les bonnes indications sur les murs, car au Mirail, tout est
codé avec des chiffres et des lettres, dans des immeubles qui ne
peuvent pas avoir de rues qui passent devant, ça gaspillerait le
foncier. Et puis les chiffres et les lettres, c’est bon pour
inciter la population locale à s’éduquer. On finit par
s’engouffrer dans un escalier qui redescend de deux étages (et
oui le troisième étage c’est le 5ème moins deux étages).
Toutes les portes sont blindées à 4 points. Ca rassure, on voit
qu’on est en sécurité dans cet immeuble.
Notre
amie, 44 ans, célibataire, d’origine maghrébine nous ouvre dans
un immense appartement T4 qu’elle habite en solo. Ici c’est
super, c’est pas cher, elle paye un 80 m2 au prix d’une chambre
de bonne en ville. Mais elle gagne un peu trop, elle va peut-être
devoir partir, pour laisser la place à des gens nettement moins
riches, c’est l’office HLM qui le laisse entendre. Ca doit être
pour ré équilibrer la population vers le bas, parce que c’est
vrai que le Mirail, c’est devenu un peu trop huppé. Elle
s’excuse de nous avoir fait venir ici. Elle nous raconte alors
comment il y a quelques années, après avoir pris un petit crédit,
qu’elle a du payer avec son SMIC, en bossant de jour ou de nuit
dans l’usine d’électronique voisine, elle s’est réveillée
un matin avec une carcasse noire à la place de sa petite voiture
dans laquelle elle avait mis toutes ses économies.
J’entends
un bruit de moto-cross sans pot d’échappement, le bruit est
infernal, nous arrêtons de parler, ce n’est pas la peine, on ne
s’entend plus. « Ils aiment bien ça, surtout après la
pluie pour pouvoir défoncer tous les espaces verts. On les connaît,
c’est une poignée de voyous, il viennent de quelques blocs plus
loin. C’est pas la peine de faire quoi que ce soit, ici, les flics
attendent que ça bouge plus sur le carreau avant d’intervenir
et nous on supporte», nous dit-elle. « En fait c’est pas si
dangereux que ça ici, il faut pas venir après la nuit c’est
tout. Et puis ils ne viennent pas si loin la plupart du temps». Par
« plus loin », elle entend la « Reynerie »,
quartier situé … à 500 mètres.
L’usine
d’à côté, elle y travaille, mais visiblement pas les gars que
j’ai croisés, car elle est la seule Magrébine dans son service
et croise peu de Magrébins dans sa boîte. D’ailleurs, dès que
l’on peut partir du Mirail, on programme la délivrance.
Les
parents de Karim, l’un des fondateurs du Parti des
Socioprofessionnels, à mes côtés, qui vivaient au centre de la
bombe, à la Reynerie, jusque dans le milieu des années 90 à l’époque
où je les ai rencontrés quand je faisais du Rap avec lui, sont
partis pour des cieux plus cléments de l’autre côté de
Toulouse, après des années ininterrompues de boulots que les français
ne voulaient pas dans la maçonnerie et le ménage. Leur fils, diplômé
de l’enseignement supérieur (faisant partie de ces 80% de
bacheliers ayant le bac) n’ayant un emploi qu’au SMIC depuis des
années a eu 3 entretiens d’embauches l’année dernière, pour
900 CV envoyés. Le premier s’est terminé aussi vite qu’il a
commencé, après que la recruteuse ait vu sa tête, et les deux
autres se sont conclu par un « on vous contactera » très
professionnel … Karim, Français de deuxième génération,
excellent commercial dans une société de marketing par téléphone,
payé au smic + 10%, attend toujours et continue de bosser en plus
le WE avec son père et le soir avec sa femme au ménage dans un
garage, pour allonger les fins de mois. Faignant les Magrébins ?
En tout cas la troisième génération elle n’attend plus rien,
elle s’occupe avec de l’essence.
La
clé du problème ? Karim le dit simplement : « Ce
que je veux pour mon fils, ce ne sont pas des subventions, mais un
vrai boulot dans une Europe multiculturelle ».
Traiter
les problèmes sociaux par l’assistanat c’est du passé et le présent :
c’est la conséquence. Il y a assez de travail pour arrêter de
donner de l’argent à des gens qui ne demandent que de prouver
qu’il valent quelque chose : Aide aux personnes âgées,
remise en état et nettoyage des biens publics, assistance aux
enfants, encadrement de la jeunesse, entretien de la nature.
Revalorisons
le travail en arrêtant de se moquer de gens qui gagnent le SMIC
alors que leurs voisins gagnent la même chose sans rien faire en
raclant les aides sociales, ce qu’ils font non pas parce qu’ils
sont des profiteurs, mais simplement parce que des nantis bien
pensant, élus à l’assemblée, voulaient acheter la paix sociale
par l’assistanat, oubliant qu’un être humain au delà de ses
besoins vitaux a besoin de se sentir utile dans la société.
D’un
point de vue humain :
Assistanat
-> Dépendance
-> Perte de confiance
-> Perte d’identité
-> Découragement
->
Révolte
D’un
point de vue économique :
Assistanat
-> Charges sociales trop élevées
-> Coût du travail trop élevé
-> Délocalisation
-> Augmentation du chômage
-> Baisse de la masse des cotisations
-> Crise des systèmes sociaux avec impossibilité de taxer encore plus le travail
Les
français (pas les étrangers) aiment bien tout casser pour
recommencer à zéro.
Ce
que préconisent les sociopros :
Retrouvons notre dignité par le TRAVAIL et le RESPECT sera plus facile à construire ensemble.
Le
respect de tous les français : Riches, Pauvres, Blancs, Maghrébins,
Noirs, Jaunes, athées, croyants etc.
Mesures
d’urgence proposées :
Quant aux homme politiques qui prétendent qu’ils nous avaient prévenus … et qu’ils faut donc en conclure que l’étranger est source du mal, je répond, que s’ils avaient écouté les cris de la jeunesse des cités aux premières heures du Rap ils se seraient rendu compte que bien avant eux, ces jeunes étaient très lucides et qu’eux aussi ils nous avaient alertés … nous parlant de la difficulté d'élever des enfants, de travailler, de vivre dans ces environnements hostiles, mais nous étions trop préoccupés pour nous attarder.
Nous
avons acheté leurs parents en les assistant, en en faisant les
serfs du RMI, ils se rebellent … C’était aussi à prévoir !
La
gauche des nantis, partisans de l'assistanat a eu tort de les acheter, du haut des grandes théories
naïves sur l’abandon de la valeur travail et effort.
La
droite des partisans des discours populistes a tort de les montrer
du doigt en attisant la haine des actifs blancs caucasiens des couches
laborieuses de la société (dont les classes moyennes font de plus
en plus partie) qui cherchent un bouc émissaire à leur mal-être.
J’appelle
tous mes amis à faire (ou à continuer) avec encore plus de vigueur
leur boulot de Père, de Mère, à être des Fils et Filles
responsables, à être des voisins généreux. A enseigner
le respect des anciens, les valeurs du travail, l’ouverture aux
autres et l’espoir, malgré ces temps difficiles et j’appelle
tous mes amis bien propres sur eux et bien pensants à se réveiller
car le « tiers-état » cogne à la grille du château
… et la danse ne fait que commencer, nous n’avons encore rien
vu.
Une équipe courageuse existe encore et forme le noyau dur des sociopros. Les raisons qui m’ont poussé en 1997 à créer l’approche socioprofessionnelle (voir : nos valeurs) et à mobiliser 300 candidats et suppléants en 2002 et 2004 sont on ne peut plus d’actualité. 2007 sera un rendez-vous citoyen important. Une aide même minime pour faire passer des emails pour relayer des messages ou autre sera importante. Envoyez nous un email à contact@sociopros.org si vous souhaitez suivre cette aventure et qui sait … participer ?
Rudi Sordes
Pdt des Sociopros