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Edito Septembre 2003 

Conseil Français du Culte Musulman 

On sent bien la volonté du gouvernement de conclure rapidement sur la création du Conseil Français du Culte Musulman. Ce projet vieux de trois ans, initié par le gouvernement précédant arrive dans sa dernière ligne droite et l'ultimatum du Ministre de l'Intérieur à la communauté Nord-Africaine française de s'organiser fait monter la pression médiatique autour de ce projet. Comme pour la question du voile Islamique, on focalise sur des points accessoires pour masquer l'essentiel. N'importe quel adolescent serait capable de décrypter l'intention du gouvernement : il souhaite renouer le dialogue, structurer et sans doute un peu plus contrôler un groupe de Français laissés pour compte alors qu'il représente pas loin de 10% de notre population.

Le Conseil Français du Culte Musulman est-il une bonne solution ? Le nom même de cette institution tend à démontrer que ce n'est pas le cas.  

Encore une mise en oeuvre bâclée dans l'urgence, témoignant à nouveau de l'incompréhension de nos élus pour ce qui se passe sur le terrain, et dans ce cas particulier, pour la culture de cette force importante que constitue le groupe social issu de l'immigration principale des trente glorieuses : les Nord-africains. 

Première incohérence :

Tout d'abord, l'Islam est une religion qui porte en elle une dimension politique importante, contrairement au Christianisme. Le Coran est en effet souvent le texte constitutif des pays Arabes. Construire un organe politique lié à l'Islam, sans que ce dernier s'inscrive dans la logique d'un système Coranique, est donc un non sens pour un Musulman. Et s'il s'agit d'une association, légitime dans une République comme celle de la France, alors pourquoi le Ministre de l'intérieur s'en mêle-t-il ?

Deuxième incohérence :

Les Arabes ne sont pas tous Musulmans et réciproquement. Les Arabes sont tout d'abord Sémites, c'est à dire, pour ce qui est le moins contesté historiquement, descendant de la branche Abrahamique de notre famille humaine. L'Arabité se définit par la langue écrite et parlée par une culture bien plus ancienne que le Coran.

Troisième incohérence :

Contrairement à la plupart des dénominations Chrétienne, L'Islam n'est pas un système religieux centralisé. Entre le fidèle et Dieu, il n'y a que le Coran, même le Prophète s'efface. Autrement dit, vouloir structurer avec nos schémas occidentaux une religion par essence décentralisée ne peut pas convenir à un Musulman.

Quatrième incohérence :

Comment justifier dans un système laïque que l'Etat s'occupe d'organiser une religion ...

Si la volonté du gouvernement était d'avoir des interlocuteurs parmi la communauté Nord-africaine qui est une composante fondamentale de notre pays en ce début de troisième millénaire, ne fallait-il pas jouer une carte plus laïque et plus républicaine. Et pourquoi ne pas organiser le culte bouddhiste ou la communauté catholique hispanique du Sud-ouest ?

Mais sommes nous d'accord sur la définition de la laïcité ? Le projet de loi, soutenu par le PS et l'UMP visant à interdire les  signes ostentatoires religieux, vise à terme, à faire croire aux braves gens que les islamistes assassins ne pourront pas développer leurs réseaux en France grâce à l'UMP et le PS. La méthode : stigmatiser une poignée de jeunes filles qui souhaitant porter un voile discret sur leurs cheveux. Quant à celles d'entre elles qui font du prosélytisme, il y a bien longtemps que la loi le leur interdit. 

Il suffisait simplement de faire appliquer la loi. Ca aurait été moins médiatique ...

J'appelle tous les Français à voter en 2004 en faveur de partis qui prônent la laïcité comme une valeur de liberté et pas comme un système de pensée unique, reconnaissant les particularités, pour autant qu'elles respectent les autres, et les accueillant avec bienveillance dans une société plurielle généreuse.

Rudi Sordes

Pdt du PSP

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