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Edito
du Président
Ce mois-ci je vous
propose deux sujets !
1) Tribune ouverte : Politique adroite (format word, format pdf, essai politique sur la mondialisation et la politique intérieure actuelle du gouvernement) par Fabrice Restier, coordinateur de la commission mondialisation. 2) Réponse à des lycéens qui m'interrogent sur le thème de l'immigration. Ayant du sang croate, espagnol, indien, polynésien et ..."français", je suis sensible à la question de l'ouverture aux autres ... Cette réponse est courte mais donne quelques pistes de réflexion. Réponse à Pierre Marmara, Rédacteur en Chef du journal lycéen "Le Mosaique" Monsieur Marmara je vous remercie de m'avoir questionné sur cette question difficile. Le thème de l'immigration est un thème souvent mal traité car il génère une succession d'associations d'idées sur des thèmes tels que : - délinquance (les immigrés sont ils oui ou non une source de délinquance ?) - racisme (les immigrés sont-ils trop différents pour vivre avec nous chez "nous" ?) - perturbation économique (les immigrés acceptant plus facilement des bas salaires feront ils baisser "nos salaires" ou prendront-ils nos emplois ?) Tout démocrate sensible à la grande idée d'une humanité fraternelle, ce que je prétends être, répond catégoriquement qu'ils est primaire d'associer immigré à délinquant, de craindre l'autre parce qu'il est différent ou d'avoir peur de devoir partager ses avantages avec les autres. Comme, un problème bien posé est plus facile à résoudre, je voudrais partager avec vous deux autres questions simples qui me semblent beaucoup plus pertinentes : 1) Pouvons nous sans difficulté accueillir dans de bonnes conditions tous les candidats à l'immigration ? Application : Beaucoup d'immigrés venant des zones instables demandent l'asile politique, dans la mesure où une demande de visa par la voie normale sera la plupart du temps refusée. Lorsqu'ils arrivent en France, ils n'ont pas le droit de travailler et survivent avec les prestations sociales minimales. Les délais sont tellement longs pour décider de leur sort qu'il est très tentant pour eux de travailler au noir dans le meilleur des cas ou de sombrer dans la petite délinquance pour subvenir aux besoins de leur famille, en attendant une autorisation de travail. Il est ensuite trop facile de pointer du doigt ces immigrés qui se battent pour survivre. Si nous acceptons les demandeurs d'asile, je pense qu'il est malhonnête de notre part de les priver de revenus en leur interdisant de travailler. 2) Si les immigrés viennent chez nous, c'est qu'ils pensent que leur situation sera meilleure ici que là-bas. Pourquoi ? Application : Une analyse des balances commerciales avec les pays du tiers-monde montre que nous profitons largement des échanges. De plus, nos gouvernements riches "offrent" des aides aux pays pauvres sans jamais exiger de garanties concernant l'utilisation de ces fonds. Nous savons tous que ces sommes d'argent sont pillées par les responsables de ces pays et très peu d'argent arrive sur le terrain pour vraiment aider. Par ailleurs, nous avons longtemps aidé à court terme sans vraiment essayer de rendre ces peuples plus forts et autonomes (heureusement quelques ONG tentent aujourd'hui de rendre les gens plus autonomes). Dans ces conditions, on imagine que les peuples se rebellent et cela génère des guerres. Nous avons donc tout fait pour que ces gens ne soient pas heureux chez eux et il ne faut donc pas s'étonner de les retrouver candidats à l'immigration chez nous. On le voit à nouveau, un problème en cache bien d'autre ... Derrière les dysfonctionnements de notre traitement de l'immigration, il y a les problèmes : - de la justice et de l'administration qui n'a pas assez de moyen sur les sujets prioritaires, qui perd son temps sur des sujets accessoires et qui prend donc des décisions trop lentement. - de la politique de la coopération avec les pays en voie de développement. et bien d'autres ... Je passe ce courrier en copie à Karim Kada, secrétaire du PSP. Réfléchissons ensembles, comprenons ensemble, corrigeons et travaillons courageusement ensembles. Rudi Sordes |